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Des espaces de parole individuels pour se dire : les carnets

Ces espaces génèrent une nouvelle approche de la relation individuelle d’accompagnement social entre le professionnel et l’usager : il s’agit d’un dispositif qui en 3 rencontres permet de se recentrer, en équipe, sur la problématique centrale de la personne.

Mode opératoire en 3 étapes :

  • une première rencontre où le jeune se raconte, dit des choses importantes de son parcours, son histoire ; 
  • lors du second entretien quelques jours plus tard, on lui resitue ce qu’il nous a dit, mais en le structurant, en y apportant notre regard, le jeune valide notre écrit et donne son accord pour qu’il soit mis dans son livret ;
  • à la troisième rencontre, nous lui remettons son livret en présence d’un adulte référent de la structure avec qui il souhaite le partager. Selon son désir, ce livret voyage au sein de sa famille, son entourage…

Cette expérience courte dans le temps produit des effets étonnants en termes de prise de conscience, de changement de regard réciproque, de dynamique d’accompagnement. Ça permet d’identifier des leviers d’actions importants qui jusque-là restaient inaperçus.

Exemples d'expériences

« Quand j’ai entendu parler du projet de carnet, que j’en ai lu quelques-uns qui parlaient de leur passé, j’ai tiqué. Ça ne correspondait pas à ce qu’on cherchait ici : avancer, se projeter dans l’avenir, plutôt que rester sur ce qu’on a vécu avant. Nous on dit aux jeunes, qui ont des parcours de vie lourds, avec pour certains un passage en prison, ce que vous avez fait on l’oublie pour se projeter dans l’avenir. Avec le carnet, je trouvais qu’on remettait le doigt sur ce qui n’allait pas. Et la petite note positive qui pouvait en ressortir était tellement ridicule par rapport à ce passé difficile…

Mais ça c’était avant de le vivre ! Ça m’a vraiment touché, humainement. J’ai complètement changé d’avis. J’ai compris qu’on s’intéresse au passé pour mieux avancer. C’est ça qui fait sauter les verrous et qui nous permet d’avancer plus vite. Ça aide les jeunes à se poser les bonnes questions : je suis comme ça parce que j’ai vécu ça ; maintenant je comprends mieux comment je fonctionne, je peux mieux avancer. Et puis on savait qu’ils étaient abimés ces jeunes, mais pas à ce point-là. Et on arrive malgré tout à les amener plus loin, à ce qu’ils se réinsèrent. C’est qu’on fait du bon boulot ! On sert à quelque chose. Le carnet permet aussi de prendre la valeur de notre travail. », une formatrice à l’Ecole de la Deuxième Chance.

« En fait, votre entretien c’est magique ! Tous nos souvenirs reviennent comme dans un film, on revit les émotions mais sans être dans la situation d’avant. […] Au début, on pense qu’on va parler de nos problèmes et qu’il n’y aura rien d’autre mais en fait, ça enlève des complexes, après on est plus léger dans notre tête. Ça aère, ça fait plaisir », jeune homme de 18 ans.